Ils ont osé débattre en anglais !
Le concours académique de Débats Citoyens (voir notre précédent article) rassemble majoritairement des élèves de voie générale, parfois inscrits en spécialités LLCE et AMC.
Quelques-uns, pourtant, sont issus de classes de STMG et de bac professionnel, et viennent nous rappeler que les Débats sont ouverts à tous. Avec, cette année, deux équipes remarquées pour leur engagement et leur ardeur à débattre.
Ecoutons les enseignants qui ont accompagné ces deux équipes, Mme Filipa Azevedo, professeure en série STMG au lycée Pierre d’Ailly de Compiègne, et M. Stéphane Brioux, professeur au lycée des Métiers Le Corbusier de Soissons.
J’ai accompagné une classe de terminale STMG dans le cadre des Débats citoyens en anglais. Afin de les préparer, nous avons mis en place quelques heures de soutien consacrées à des échanges libres en anglais sur des sujets de société et d’actualité.
Les élèves ont beaucoup apprécié cette expérience, qui leur a permis de progresser en expression orale. Ils ont d’ailleurs regretté de ne pas y avoir participé plus tôt dans leur parcours.
Ils se sont également sentis valorisés en se confrontant à des élèves de filière générale, notamment spécialisés en anglais. Malgré leur parcours technologique, ils ont trouvé cette expérience très enrichissante, y compris pour leur avenir, notamment car certains envisagent des études en classes préparatoires ou en écoles de management. »
En tant qu’enseignante, c’était une première pour moi mais j’ai adoré cette expérience que je renouvellerai avec plaisir pendant les années qui vont suivre ! »
Filipa AZEVEDO, LGT Pierre d’Ailly
Il y a plus de 10 ans j’ai découvert dans les Débats Citoyens un formidable outil pour développer les compétences orales et la confiance des élèves. Cette activité met en lumière des talents parfois discrets (ou en difficulté) à l’écrit, mais particulièrement à l’aise à l’oral, qui est un exercice totalement différent (et qu’on peine parfois à évaluer selon la taille des classes). Les filières technologiques (en particulier STMG) se prêtent bien à ce format car les élèves « osent » davantage prendre la parole et ont une appétence pour l’argumentation et la contradiction. ;)
Au lycée, j’ai mis en place un club de Débats Citoyens ouvert à tous les élèves des filières technologiques et aux BTS volontaires (animé cette année par notre assistante US). Certes, il n’est pas toujours facile de ‘recruter’, et, cette année, j’ai bien cru devoir abandonner faute de participants. Avec beaucoup de force de persuasion, toutefois, l’équipe a finalement pu être constituée et s’est lancée dans l’aventure.
Dans le cadre du club, les séances hebdomadaires permettent d’aborder progressivement les différentes étapes : comprendre le cadre, construire son argumentation, formuler des contre-propositions et enrichir son vocabulaire. Nous participons aux joutes académiques, locales avec mes collègues des établissements de Soissons et très locales en classe. ;)
On sort de la structure plus figée du cours où certain-e-s n’osent pas parler. En outre, je trouve qu’il y a beaucoup de disparité en ce qui concerne les langues au sein des filières techno et BTS (dont 75% viennent de séries professionnelles). C’est une façon aussi de contenter les élèves qui apprécient l’anglais (jeux, musique, séries, ….) mais ne peuvent pas toujours le montrer en classe où l’éventail des niveaux est très large et le cadre plus contraint.
Au fil des concours, nos équipes se distinguent par leur écoute, leur esprit d’entraide et la qualité de leurs arguments. Même s’ils sont parfois « frustrés » ou intimidés par les compétences langagières des équipes adverses, ils ont à cœur de faire bonne figure et de défendre leurs atouts dans un esprit toujours apaisé. C’est amusant de recueillir leurs sensations, leurs craintes, leurs succès, leurs envies après débat. Et même s’il arrive que des élèves soient « paralysés » pendant le débat, ils parviennent à en tirer du positif.
Au-delà de l’apprentissage de la langue, le Débat Citoyen est une véritable école de la pensée critique, de la coopération et de l’engagement. J’ai remarqué que souvent les élèves de section technologique compensent leurs lacunes en vocabulaire ou grammaire par une écoute et une envie de convaincre : ils ne « s’écoutent pas parler », ils communiquent !
Le débat redonne du sens à la prise de parole et contribue à former des citoyens ouverts, responsables et confiants dans leurs capacités.
Stéphane Brioux, LP Le Corbusier